PATIENTS


Vous voulez sortir de la morosité ambiante, quittez BFM, éloignez-vous de la lecture des sondages et de l’immédiateté répétitive de l’information, repoussez la porteuse de rejet ou les marchands d’illusions et de certitudes et courez voir le film « Patients ».

Tiré du livre, mais aussi de l’expérience de vie de Grand Corps Malade, il nous plonge dans l’univers de celles et ceux qui, frappés par le sort dans une vie qui se fracture, n’ont pas d’autre choix que d’y trouver, avec le temps, l’énergie, les soutiens, l’humour, que d’échapper au désespoir et à la noirceur d’un destin fatal en croyant à la vie et à sa force.

Il y a bien sûr plusieurs lectures possibles, celle d’y voir une comédie sur « les handicapés », une critique sociale du milieu du soin et du handicap et de professionnels qui font ce qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont et ce qu’ils sont. Mais aussi la compassionnelle, l’admirative, peut-être pour certains la distanciée angoissée ou cinéphilique, ou d’autres.

Celle que je vous propose, en tous cas celle qui m’a imprégné pendant et après, c’est ce qui nous guette tant du point de vue du risque et du destin que de celui de l’espoir, de la volonté, de l’énergie, bref de la pulsion de vie et des ressources qui sommeillent en chacun de nous.

Le film nous amène d’emblée à l’opposé de ce politiquement correct qui, en se bouchant le nez et en se voilant la face, fait affirmer, en déni d’une part de la réalité que « les handicapés sont comme nous. » Pour nous amener à ressentir, dans les épreuves que nous vivons, dont nous arrivons à nous sortir ou pas, que nous ressassons et dont nous nous plaignons que nous, les apparents valides « nous sommes comme eux ».

Proposition qui inverse la donne et nous permet de recevoir, de ressentir, ce qui, dans la manière dont chacun, Ben et les autres, gère, souffre, éprouve, s’amuse, se distancie, renonce puis ne renonce plus, avance à petits pas, chacun étant autant un effort monstrueux comme une victoire sensible, fait force.

Energie, résilience, envie de bouffer tout ce qui est possible, recherche des proximités et besoin de se rapprocher de l’autre pour exister en lui donnant, tout ce qui n’efface pas la douleur physique, la souffrance morale, l’envie de renoncer et même parfois d’en finir, mais aussi ces mêmes choses qui forcent à être, obligent à se tenir, poussent à être davantage soi en se dépassant.

Ce qui rappelle, dans une autre période morose et porteuse d’inquiétude, ce que disait Gramsci : « combattre le pessimisme de la raison par l’optimisme de la volonté ».

Avec, en plus, la force de ce qui nous échappe et vient, par le sourire, l’humour, la proximité de l’autre et le « désir d’être », dans son corps, sa tête, le regard et les sentiments de l’autre, demain et après, nous faire, quelles que soient les injustices que la vie nous apporte, « obligés d’être ».

Leçon (non morale mais existentielle, éthique) de modestie, de simplicité, de tendresse aussi pour résister au renoncement ou au cynisme.

Courez-y comme vous pouvez !!


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