La posture du superviseur

Qu’est ce qu’un superviseur ? Quelle place occupe-t-il au sein des institutions ? Comment incarne t-il sa fonction ?

Joseph Rouzel, psychanalyste et formateur, a choisi d’explorer la posture de ce métier « d’équilibriste » à travers 14 témoignages d’intervenants, chevronnés ou novices. Dans un style vivant, ils narrent leurs expériences, avec des équipes des établissements médico-sociaux, sanitaires, scolaires, etc. qui font appel à eux, dans le cadre d’une démarche de bientraitance notamment.

Tenu à une position d’extériorité, le superviseur ne peut exercer sa fonction s’il est du côté du pouvoir. Il doit aussi renoncer à cette toute-puissance aux effets pernicieux qu’on lui attribue en le qualifiant de « sujet supposé savoir » (Lacan). Superviser n’est pas contrôler. Aussi, le superviseur ne donne pas de pistes, n’indique pas de marche à suivre, mais propose des modalités de travail pour avancer en conscience, dans un cadre fiable et contenant. Il s’attache à créer une relation de confiance, propice au transfert, à la prise en compte des processus inconscients. La posture, écrivent les contributeurs de cet ouvrage passionnant, est avant tout une question de disponibilité, d’ouverture, et d’éthique personnelle.

Convoquer la psychanalyse en tant qu’outil de décryptage est crucial selon eux, car nous sommes des êtres de langage. Ainsi, le recueil de la parole, à fleur d’émotions parfois, a le pouvoir d’aider à mettre en mots les incertitudes, les impasses et les espoirs pour lutter contre l’épuisement professionnel. La supervision, (du latin supervidere : « v

oir de haut »), tout comme l’analyse des pratiques ou la régulation (Joseph Rouzel ne fait pas de distinction), permet c’est vrai d’y voir plus clair. Cependant, comme l’écrivent les auteurs, elle est d’abord une rencontre collective et non un remède aux dysfonctionnements d’une institution.

Tout ceci n’est pas sans risque, relèvent certains, qui décrivent avec humilité les heurs et malheurs de leurs séances. Et, parfois, leur sentiment d’imposture quand ils n’ont pas de réponse aux questions posées par les équipes. Tenir la position requiert du temps : pour faire sa place, pour comprendre ce qui se joue et se noue, pour assumer les réactions affectives suscitées par le groupe. Si le style du superviseur se forge sur le tas et au fil du temps, les effets de ses interventions se révèlent longtemps après. Un superviseur « suffisamment bon » sait que le doute est inhérent à sa fonction, et que son professionnalisme fera le reste.

L’ouvrage coordonné par Joseph Rouzel fait découvrir cette fonction « de l’ombre » qui mérite d’être mieux comprise dans toute sa complexité. Le choix de valoriser les témoignages lui permet d’atteindre cet objectif. Un livre rare qui laisse entrevoir la pertinence, la puissance de cette mission, tant du côté des équipes que des encadrants, et dont les personnes accompagnées sont les premiers bénéficiaires ! –


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