TOUS DES OISEAUX

Tout ça c’est de l’amour changé en malheur

Wajdi Mouawad, celui qui nous avait bouleversé avec Incendies, nous trouble aujourd’hui avec Tous des oiseaux (au théâtre National La Colline, Paris 20°).

Celles et ceux qui voudraient y trouver un message, message de malheur ou message d’espoir en seront pour leurs frais.

Les antisémites (la part qui sommeille dans les coins les plus obscurs de chacun de nous) pourront faire leur miel de moments sortis de leur contexte. Tout comme les racistes détestant les arabes (la part qui sommeille dans les coins les plus obscurs de chacun de nous).

Chaque fois que nous avons cru pouvoir rire de bon cœur, ce rire s’est étranglé dans notre gorge.

Les certitudes qui se construisent au fil du temps sont défaites par le temps lui-même. C’est la complexité telle qu’Edgar Morin la rend accessible dans sa Méthode qui nous vient à l’esprit en sortant.

Et aussi le désir mimétique de René Girard qui donne toute la puissance du sacrifice du bouc émissaire au chemin des hommes.

Chacun des protagonistes nous est proche et lointain, sympathique puis antipathique, antipathique puis sympathique, familier et lointain.

Chacun fait ce qu’il peut, ses sentiments (des plus purs aux plus abjects) guident sa pensée qui, pour ne pas perdre la raison, se croit obligée de s’arrêter à des croyances muées en certitudes.

Et au milieu de ce chemin tragique, l’amour trace son sillon.

Vers l’avenir (l’à-venir) mais aussi vers un passé à reconsidérer pour pouvoir le et se considérer.

Que suis-je sans l’autre, celui et celle qui me fait aimer et aimant, acteur et spectateur, agissant et subissant, s’avançant et fuyant, vulnérable et effrayant, désespérant et source de renaissance.

Bien sûr pas de happy end, mais pas non plus de désespoir absolu.

Ce n’est pas la question.

Nous vivons, passons, cessons d’être et peut-être commençons à être quand nous ne le sommes plus.

Le destin, le nôtre, nous échappe.

Ce n’est pas une fatalité, mais en rien nous ne le maîtrisons.

Wajdi Mouawad le premier dont les oiseaux ne sont pas les messagers mais ceux qui guident et supportent ce qui nous fait penser par ce qui nous émeut.

Modestes et humbles, le pouvons-nous face à la force de l’amour, à ce qu’il nous amène à faire de pire et qui pourtant ne peut être remplacé par rien, au risque de pire encore.

Ambitieux de maîtriser notre présent, de diriger notre avenir, celui aussi qui sera après notre fuite vers le néant, et celui qui chercherait à donner un sens au passé ?

Vanité.

Et présence à l’autre et de l’Autre.


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