Prise en charge et formation en EHPAD

La récente mobilisation des personnels et des directeurs d’ehpad, parfois accompagnés de résidents et de familles, marque un moment important dans la question, souvent douloureuse, toujours d’une grave responsabilité sociale et familiale, de la prise en charge des personnes âgées dépendantes, et de toutes les personnes touchées par les maladies neurodégénératives et les affections de la mémoire.

Cette mobilisation est avant tout importante par la libération d’une parole jusque-là entravée.

Empêchée par la culpabilité, la gêne, l’insatisfaction, la honte tant des familles que des professionnels.

Non que les personnes accueillies soient toujours maltraitées ou que les uns et les autres en responsabilité les néglige, les ignore ou soient indifférentes à leur sort quotidien ou à leur devenir.

Mais parce que, face à la vulnérabilité, à la fragilité des personnes, à la délégation de responsabilité que leur état souvent impose, à la difficulté souvent de bien comprendre ou appréhender les besoins et les attentes, familles et professionnels ont souvent le sentiment de ne pas faire bien, de ne pas faire assez, de ne pas faire comme il faut.

Ne parlons pas des situations réelles qui, trop souvent encore, existent, de maltraitance, de négligence auxquels participent activement ou passivement des responsables d’établissement ou des professionnels.

Ne parlons pas non plus de ces trop nombreuses personnes délaissées, là aussi par négligence, par incompétence ou par indifférence, par leurs familles, leurs enfants, qui confient sans contrôle au corps social la responsabilité de leurs aînés.

Parlons de ce qui fait le quotidien et qui, au fond, est au cœur de la mobilisation récente.

De ces situations maintes fois évoquées et racontées où il faut donner à manger en même temps à un nombre considérable de personnes ne pouvant plus assurer seules leur alimentation. Où il faut faire des toilettes et des changes à un rythme accéléré. Où l’on ne prend pas le temps d’écouter les besoins et d’entendre les attentes de soins, d’échange, juste souvent d’attention pour se sentir exister. Où l’on n’assure pas l’hygiène nécessaire au bien-être et à l’estime de soi dont tout être humain a besoin. Où pour s’occuper d’une situation urgente, on laisse les autres résidents dans la solitude et l’abandon. Où la relation aux proches est réduite au minimum quand elle n’est pas inexistante.

Tout ceci aboutissant à l’isolement des personnes dépendantes, à leur détérioration, à la perte de considération, à l’absence d’échange d’information et aussi à l’éloignement progressif des proches, se sentant de plus en plus étrangers à la situation de leur aîné.

Et pour les professionnels, le sentiment d’un travail de plus en plus déshumanisé, répétitif, en perte de sens, où l’insatisfaction et l’épuisement finit par se tourner contre les personnes accueillies. A l’indifférence ou l’anonymat viendront ainsi s’ajouter la difficulté de comprendre l’autre, la mise en avant des troubles du comportement, des réponses agressives ou jugeantes, parfois des paroles disqualifiantes, infantilisantes ou blessantes.

Dans de nombreux établissements, cela aboutit à de nombreux arrêts de travail de personnes épuisées, remplacées par des professionnels de passage quand, pour les résidents, la continuité des visages, des voix est essentielle.

Cela alerte sur la nécessité de mettre des moyens, davantage de personnel, de meilleures conditions de travail.

C’est un chantier colossal et nécessaire, qui nécessite investissements, réflexion et approches où les différents interlocuteurs soient écoutés et entendus.

Pour nous qui sommes en responsabilité de la formation continue, nous savons qu’il ne suffit pas d’attendre des lendemains qui chantent.

Au quotidien, des personnes sont en attente légitime d’être bien traitées, bien soignées, considérées traitées comme des personnes, écoutées en tant que sujets, quel que soit le niveau de leur dépendance et de leur détérioration.

Leurs familles peuvent légitimement attendre que les établissements où souvent leurs proches vont finir leur existence puissent assurer l’attention, la considération, les soins et la sollicitude qui leur est due. Elles attendent aussi une qualité de la relation entre eux, leurs aînés et les professionnels qui ne les fassent pas peu à peu se sentir étrangers, créant de la difficulté à venir auprès de leurs proches.

Et les professionnels ont de bonnes raisons de considérer que, dans les conditions actuelles, leur travail ne soit pas suffisamment reconnu, validé, valoriser.

La formation continue est à ce titre un élément essentiel de considération, de possibilité de mettre à plat les savoirs, de les améliorer, de valoriser les compétences, de restaurer de la confiance et du désir d’être au plus près des besoins des personnes accueillies.

Mais quelle formation ?

Trop souvent, sont offertes des formations standardisées, insistant davantage sur les procédures que sur la relation. Trop souvent, les professionnels ont le sentiment qu’on leur donne un bréviaire, quand ce ne sont pas des consignes ou des obligations déshumanisées du comment faire, parfois distillé par des formateurs sans lien avec les problématiques du milieu concerné.

Bien sûr il faut transmettre, apprendre, développer les connaissances et les compétences techniques pour améliorer le savoir-faire.

Mais nous devons toujours nous poser la question de ce qui peut rester et être inscrit dans la pratique quotidienne à l’achèvement d’une formation. Quand c’est possible, en reprendre les acquis à distance.

Nous devons, dans nos méthodes pédagogiques, être encore plus soucieux (et il n’y a là aucune sous-estimation ni des besoins ni de l’importance du savoir-faire, sans cesse à entretenir) du savoir-être.

Celui qui passe par la considération due aux professionnels par l’encadrement. Par l’importance de la présence sur le terrain de chacun. Par les échanges entre professionnels et la valorisation des formations pluri et inter professionnelles.

Par des formations où la place du résident soit première, l’importance de maintenir le lien, l’échange, l’écoute, la parole partagée.

Par la disponibilité nécessaire (et qui est souvent bien moins chronophage que les procédures) à la vie relationnelle avec les résidents, mais aussi entre professionnels (qui ne peuvent pas partager que les transmissions) et avec les familles (qui n’attendent pas que des nouvelles, et notamment pas que les mauvaises, mais ont, elles aussi besoin d’être au cœur de la relation.

Notre mission est de permettre aussi que, dans les lieux de formation, chacun retrouve du sens à son action quotidienne et redonne de la valeur à toutes les « petites » attentions du quotidien qui font le sel et le miel d’une vie, déjà lourdement affectée par l’âge, la maladie, la dépendance. Pour que chacun goûte, dans cette épreuve de la vie qui s’échappe, l’importance de ce que l’autre, y compris le plus démuni, peut apporter pour se tenir debout et faire face à sa responsabilité.

C’est tout cela que nos formations cherchent à intégrer, pour que les professionnels, dont beaucoup souffrent et s’usent dans un quotidien répétitif et épuisant, trouvent la respiration nécessaire pour apporter eux-mêmes le souffle de vie qui maintient l’humanité.


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